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la CSC/CA valide un contrat de plus de 500 millions de dollars, Haïti est-elle devenue la vache à lait des firmes internationales ?

Cette question, si elle se formule avec urgence et gravité  à quelques heures de la validation par la Cour des Comptes et du Contentieux Administratif  (CSC/CA) d’un contrat conclu entre le gouvernement actuel et la firme américaine Evergreen Trading System Limited, c’est précisément parce que ce contrat mobilise non seulement une importante enveloppe de plus de 500 millions de dollars mais rappelle également le comportement « prédateur » d’une firme israélienne, qui avait conclu le 23 octobre 2015 un contrat similaire. Selon ex-sénateur, l’entreprise aurait empoché une coquette somme de 20 millions de dollars avant de prendre la poudre d’escampette.

Que l’on soit clair, l’investissement portuaire ne constitue nullement un gaspillage de deniers publics ; si celui-ci est calculé, il apportera indubitablement de l’oxygène à une économie exsangue en renforçant la souveraineté économique du pays, en attirant des partenariats internationaux, en favorisant, l’intégration régionale dans la Caraïbe. Autre retombée d’un investissement portuaire efficace : amélioration de la stabilité politique.

Le projet de modernisation douanière présenté par cette firme américaine est à la fois ambitieux et innovant : infrastructures douanières et migratoires, postes  de contrôle terrestre, équipements et technologies, moyens aériens dont l’acquisition d’un hélicoptère, opérations de surveillance aérienne et satellitaires, renforcement des capacités opérationnelles de la douane et de la police frontalière et de l’immigration.  

Toutefois, tout ce qui brille n’est pas or. Cette leçon vaut bien un fromage. Le gouvernement de Michel Martelly aurait appris la leçon d’une firme israélienne, dénommée HLS International Ltd (HSLI). Cette dernière avait promis monts et merveilles dont un investissement de 49, 3 millions de dollars pour l’acquisition d’équipements, de drones et d’un hélicoptère pour les opérations de surveillances. Ainsi, le Grand Argentier de la République, Wilson Laleau, ouvrant un large bec, aurait donné 20 millions de dollars au bénéfice de l’entreprise. Jean baptiste Bien-aimé, ex-sénateur du Nord-Est, avait dénoncé, en février 2016, le  paiement illégal de cette somme. Ce n’est pourtant que jusqu’en 2019 que l’Etat haïtien, constant la caducité du contrat, y a mis un terme.

En ce qui concerne le contrat conclu entre le gouvernement intérimaire et la firme américaine dénommée Evergreen Trading System Limited, quoique validé par la CSCCA, il est frappé d’une double infirmité. D’une part, alors qu’il s’agit d’un contrat portant sur la sécurité portuaire, il se conclut en l’absence du pouvoir législatif et d’un gouvernement élu . D’autre part, l’opinion publique interprète l’attribution de ce contrat à cette firme américaine comme la rançon consentie au Premier ministre Alix Didier Fils-aimé pour s’agripper au pouvoir, malgré sa révocation « controversée » par le défunt Conseil Présidentiel de Transition (CPT).   

Ce contrat permettra-t-il de contribuer au renforcement économique, à la lutte contre la contrebande et au trafic illégal des armes et minutions qui alimente les groupes criminels ? La question est aisée. La réponse est difficile. Elle l’est d’autant plus qu’elle s’inscrit dans un contexte géopolitique où l’administration Trump applique la doctrine de Monroe, version Trump : revue et corrigée.          

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