Ce mercredi 28 janvier 2026, une nouvelle secousse politique a traversé le Conseil présidentiel de transition (CPT). Une tentative de renversement du coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, a échoué, révélant une fois de plus les profondes divisions qui minent l’organe censé piloter la transition politique en Haïti
Selon les informations disponibles, une résolution visant à écarter Laurent Saint-Cyr a été mise au vote par quatre des cinq conseillers du CPT. Ces derniers sont également favorables à la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils estiment incapable de répondre aux exigences actuelles de gouvernance, notamment en matière de sécurité, de stabilité politique et de gestion de la crise sociale.
Toutefois, cette initiative n’a pas abouti. Le conseiller-président Smith Augustin, dont la position était déterminante, a finalement battu en retraite. Déjà fragilisé par son implication présumée dans l’affaire de corruption liée à la Banque Nationale de Crédit (BNC), Smith Augustin aurait choisi de se désolidariser de cette démarche afin de se prémunir contre d’éventuelles retombées négatives sur sa situation personnelle et politique.
Ce recul stratégique a suffi à faire échouer la tentative de renversement, exposant au grand jour les calculs individuels et les luttes d’intérêts qui dominent le fonctionnement du CPT. L’épisode met en lumière un organe de transition divisé, où les décisions semblent davantage dictées par des considérations personnelles que par l’intérêt national.
Au-delà de cet échec, cette nouvelle crise soulève des interrogations majeures sur la crédibilité et l’efficacité du Conseil présidentiel de transition. Alors que le pays s’enfonce dans une insécurité chronique et une crise humanitaire persistante, l’instabilité interne du CPT alimente le scepticisme de la population quant à sa capacité à conduire Haïti vers des élections crédibles et une gouvernance stable.
Cette tentative avortée apparaît ainsi comme un symptôme supplémentaire d’une transition politique fragilisée, où les divergences internes et les scandales de corruption continuent d’éroder la confiance publique. Dans ce contexte, l’urgence d’un cadre de gouvernance clair, cohérent et responsable se fait plus pressante que jamais.