Le président vénézuélien capturé, Nicolas Maduro, est arrivé ce lundi au tribunal fédéral de Manhattan à New York pour sa première comparution devant la justice américaine. Détenu dans une prison de Brooklyn depuis son arrestation spectaculaire à Caracas, il doit être présenté à un juge à midi heure locale (17h TU), afin de se voir notifier les charges retenues contre lui.
Au Venezuela, la vice-présidente Delcy Rodríguez, désignée présidente par intérim par la Cour suprême, a tenu dimanche son premier Conseil des ministres. Elle y a plaidé pour l’établissement de relations « équilibrées et respectueuses » avec Washington, appelant les États-Unis à coopérer sur la base de l’égalité souveraine et de la non-ingérence.
Une opération militaire américaine aux lourdes conséquences
Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, les États-Unis ont mené des bombardements à Caracas, opération au cours de laquelle Nicolas Maduro a été capturé puis exfiltré du pays avec son épouse, Cilia Flores. Le couple est accusé de narcoterrorisme, de conspiration pour l’importation de cocaïne et de possession d’armes de guerre. Inculpé une première fois en 2020, l’ex-chef de l’État fait désormais face à un acte d’accusation actualisé de 25 pages.
Selon La Havane, cette opération a coûté la vie à 32 ressortissants cubains présents au Venezuela dans le cadre de missions officielles. Cuba a décrété deux jours de deuil national et dénoncé une « attaque criminelle » de Washington.
Réactions internationales et tensions diplomatiques
Donald Trump a affirmé dimanche soir que les États-Unis étaient désormais « aux commandes » du Venezuela, accentuant les inquiétudes internationales. À l’ONU, le secrétaire général Antonio Guterres a rappelé la nécessité de respecter la souveraineté et l’indépendance politique des États, tandis que la légalité de l’arrestation de Maduro est débattue au Conseil de sécurité.
La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a indiqué ne pas approuver la méthode employée par Washington, tout en qualifiant Nicolas Maduro de « dictateur » et en estimant que son départ constitue « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens ».
En Amérique latine, les réactions sont vives. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a déclaré que « l’Amérique n’appartient à aucune puissance », tandis que le président colombien Gustavo Petro a vivement critiqué Donald Trump, allant jusqu’à évoquer la possibilité de « reprendre les armes » face aux menaces américaines.
Incertitudes économiques et transition politique
Sur le plan économique, les grandes compagnies pétrolières américaines restent prudentes quant à une reprise des investissements au Venezuela, malgré les importantes réserves de brut du pays. Les risques d’instabilité politique, le coût élevé de la remise en état des infrastructures et les litiges hérités des nationalisations sous Hugo Chávez freinent toute décision rapide.
Parallèlement, l’Union européenne appelle à une transition démocratique inclusive, impliquant notamment les figures de l’opposition Maria Corina Machado et Edmundo González Urrutia.
Alors que Nicolas Maduro comparaît à New York, la situation demeure hautement volatile, tant sur le plan juridique que géopolitique. Le procès s’annonce long et complexe, et les répercussions de cette crise dépassent désormais largement les frontières du Venezuela.