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Publication du calendrier électoral 2025-2026 : une mise en scène coûteuse dans un pays à feu et à sang

La publication du calendrier électoral 2025-2026 le mardi 23 décembre par le Conseil Électoral Provisoire suscite plus d’indignation que d’espoir. Présenté comme une avancée vers le retour à l’ordre constitutionnel, ce document apparaît, pour de nombreux observateurs, comme une longue mise en scène politique destinée à justifier des dépenses publiques colossales, dans un contexte où l’État peine déjà à répondre aux besoins fondamentaux de la population.

Comment parler d’élections libres, crédibles et inclusives alors que l’insécurité continue de paralyser le pays ? Chaque jour, des quartiers entiers tombent sous le contrôle de groupes armés. Des familles sont déplacées, des vies sont fauchées, des écoles et des hôpitaux ferment leurs portes.

Dans ce climat de peur permanente, le droit le plus élémentaire — celui de circuler librement — n’est plus garanti. Organiser des élections dans de telles conditions relève moins de la démocratie que de l’illusion.
Au-delà de l’insécurité, la publication de ce calendrier soulève de sérieuses interrogations sur les priorités de l’État.

Des millions de gourdes seront mobilisées pour des opérations électorales alors que la population manque d’eau potable, de soins de santé, de sécurité et de perspectives économiques. Pour beaucoup, ce calendrier ressemble davantage à un outil de dilapidation des fonds publics qu’à un véritable projet de refondation démocratique.

La crédibilité du processus est également remise en question. Qui votera ? Où votera-t-on ? Comment garantir la sécurité des électeurs, des candidats et du personnel électoral ? À ce jour, ces questions essentielles restent sans réponses claires. L’absence de consensus politique et social autour de ce processus électoral fragilise davantage une transition déjà contestée.

En réalité, le pays n’a pas besoin d’un calendrier électoral précipité, mais d’un plan sérieux et cohérent pour restaurer la sécurité, rétablir la confiance et créer les conditions minimales d’un exercice démocratique réel. Sans sécurité, les élections ne sont qu’une façade. Sans justice sociale et sans État fonctionnel, elles deviennent un luxe indécent.

Tant que l’insécurité continuera de faire des victimes et que l’État restera incapable d’assumer sa mission première — protéger la vie et la dignité de ses citoyens — parler d’élections relève de la provocation. La démocratie ne se décrète pas sur papier ; elle se construit sur le terrain, avec la paix, la confiance et le respect du peuple.

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