À quelques jours de l’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), la présence militaire américaine devient de plus en plus visible sur le territoire haïtien et dans ses environs immédiats. Une situation qui ravive les inquiétudes et alimente les spéculations sur les véritables intentions de Washington.
Le 3 février 2026, un navire de guerre américain accompagné de deux patrouilleurs des garde-côtes a été aperçu au large de Port-au-Prince. Ce déploiement maritime, déjà inhabituel dans le contexte actuel, a été suivi ce mercredi par l’atterrissage d’un avion militaire américain à l’aéroport international Toussaint Louverture. Selon plusieurs sources concordantes, l’arrivée prochaine d’hélicoptères militaires américains serait également envisagée.
Cette mobilisation survient dans un climat politique particulièrement tendu. À l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, aucune solution consensuelle ne semble se dessiner pour assurer une gouvernance stable du pays. Parallèlement, l’insécurité continue de s’aggraver, avec des groupes armés qui contrôlent de larges portions du territoire, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Officiellement, les autorités américaines n’ont pas encore communiqué sur la nature exacte de ces mouvements militaires. Toutefois, par le passé, Washington a souvent justifié ce type de déploiement par la nécessité de protéger ses ressortissants, ses installations diplomatiques ou de soutenir des opérations logistiques et humanitaires. Des arguments qui peinent toutefois à dissiper les craintes d’une implication militaire plus directe.
Pour une partie de la population et de la classe politique haïtienne, cette présence renforcée rappelle de douloureux souvenirs d’ingérences étrangères et d’interventions militaires aux conséquences lourdes pour la souveraineté nationale. D’autres y voient, au contraire, un signal fort face à l’incapacité des autorités locales à rétablir l’ordre et à sécuriser le pays.
Dans un contexte marqué par l’absence de légitimité institutionnelle claire, la montée de la violence armée et l’impasse politique, chaque mouvement militaire étranger est scruté avec attention. La question demeure : s’agit-il d’une simple mesure préventive ou des prémices d’une nouvelle phase d’intervention internationale en Haïti ?
Alors que le flou persiste, une chose est certaine : ces manœuvres militaires accentuent le sentiment d’incertitude et rappellent l’urgence pour les acteurs haïtiens de trouver une solution politique durable, capable de restaurer la confiance, la sécurité et la souveraineté du pays.