Par Katiana Cady
Le directeur général de la Direction générale des Migrations, le vice-amiral Luis Rafael Lee Ballester, a annoncé dans une déclaration publique ce mardi 17 février 2026 que plus de 525 000 ressortissants haïtiens en situation migratoire irrégulière ont été expulsés de la République dominicaine depuis octobre 2025.
Installé à la tête de l’institution en octobre dernier, le responsable affirme avoir ordonné un renforcement immédiat des opérations de contrôle migratoire à travers tout le territoire, en application des directives du président Luis Abinader. Selon lui, les interceptions et les placements en détention de migrants sans statut légal ont été intensifiés dès sa prise de fonction.
« Depuis notre arrivée, plus de 525 000 Haïtiens et autres étrangers ont été reconduits hors du territoire », a-t-il déclaré, insistant sur la volonté des autorités de faire respecter strictement les lois migratoires en vigueur.
D’après les informations publiées par le quotidien dominicain Listín Diario, 53 546 ressortissants haïtiens ont été arrêtés puis expulsés entre le début du mois de janvier et le 14 février 2026 seulement — un chiffre qui ne tient pas compte des opérations menées après cette date. Le directeur de la DGM parle d’une campagne d’expulsions « d’une ampleur inédite » dans l’histoire du pays.
Les autorités dominicaines indiquent également que les brigades migratoires ont été déployées de manière renforcée avec l’appui du ministère de la Défense, de la police nationale et de l’armée, dans le cadre d’opérations coordonnées à l’échelle nationale.
Par ailleurs, une opération spécifique a été menée dans le secteur de Los Mina, à l’est de Santo Domingo, à la suite de manifestations orchestrées par des groupes nationalistes anti-haïtiens après la mort d’un adolescent dominicain de 14 ans, attribuée à un ressortissant haïtien. Selon les données rapportées par Listín Diario, 454 personnes ont été interpellées lors de cette intervention et transférées vers le centre de traitement migratoire de Haina, dans la province de San Cristóbal. Des procédures d’identification et d’enregistrement biométrique y ont été appliquées avant leur expulsion.
Les manifestants réclamaient le départ immédiat et total des Haïtiens vivant dans la zone concernée.
En fin d’année 2025, la DGM avait déjà fait état de 379 553 expulsions de ressortissants haïtiens, soit une augmentation de 84 % par rapport à la période 2021-2024, et un volume dix fois supérieur à celui enregistré en 2016.
Ces chiffres illustrent un durcissement significatif de la politique migratoire dominicaine, dans un contexte régional marqué par l’aggravation de la crise sécuritaire et socio-économique en Haïti, qui continue d’alimenter les flux migratoires vers le pays voisin.