Port-au-Prince, le 10 septembre 2025
Chers Confrères, Chères Consœurs,
Le Barreau traverse aujourd’hui une situation délicate : le Bâtonnier en exercice sollicite un second mandat, tandis que le secrétaire de l’Ordre se porte également candidat sans se démettre de ses fonctions actuelles. Cette configuration interroge profondément sur l’éthique et la responsabilité qui devraient guider la vie de notre institution.
« L’avocat est le gardien de la loi et de la conscience publique. »
Henri Leclerc, avocat et ancien bâtonnier
Cette citation nous rappelle que la mission de l’avocat dépasse ses ambitions personnelles : elle engage sa responsabilité morale, au service de l’institution et de la société.
Dans un milieu où l’éthique, la confraternité et la loyauté devraient constituer des repères incontournables, de telles pratiques risquent de décrédibiliser non seulement le candidat, mais aussi la fonction qu’il aspire à occuper. On attend d’un futur bâtonnier qu’il mette en avant une vision, un projet, des valeurs de rassemblement, et non qu’il alimente la division en jetant le discrédit sur ses confrères.
L’éthique n’est pas une option. Elle est le socle de toute institution digne de respect.
À l’heure où le pays s’effondre, le Barreau demeure l’une des rares institutions encore debout, vigile de l’État de droit et garant du respect de la justice. Toute candidature entachée d’irrégularité morale — même si elle n’est pas nécessairement illégale — fragilise sa crédibilité et compromet son rôle vital.
Car, dans le Barreau comme dans tout État de droit, nul n’est au-dessus des règles. La transparence, l’éthique et la responsabilité doivent guider chaque action, particulièrement dans le cadre d’une élection au bâtonnat.
Une telle situation nourrit la division alors que la force du Barreau repose sur la cohésion, le respect mutuel et la défense des valeurs communes.
« Une profession qui oublie l’éthique perd sa raison d’être. »
Si la campagne se réduit à des attaques personnelles, c’est non seulement l’image du Barreau qui est atteinte, mais aussi la confiance que la société place en nous.
Notre responsabilité est claire : recentrer le débat sur les idées, les projets et la vision que nous voulons offrir à la profession et au pays, plutôt que sur des rivalités internes ou des ambitions individuelles.
Il appartient à chacun d’entre nous de rappeler que le bâtonnat n’est pas un terrain de luttes personnelles, mais une mission de service, d’éthique et de rassemblement. La crédibilité du Barreau de Port-au-Prince et la dignité de notre profession en dépendent.
Avec mes sentiments confraternels,
Franceline ESTEVE
Psychologue
Avocate au Barreau de Port-au-Prince