Reveil info

Exclusion des Haïtiens à Saint-Kitts-et-Nevis : Le signal d’un isolement diplomatique croissant

Basseterre, 13 janvier 2026 — Le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Dr. Terrance Drew, a annoncé que son gouvernement est prêt à accueillir un nombre limité de migrants expulsés des États-Unis, dans le cadre d’un accord bilatéral avec Washington.

La décision du Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Terrance Drew, d’accepter des migrants expulsés des États-Unis tout en excluant explicitement les Haïtiens, révèle bien plus qu’un simple choix migratoire. Elle met en lumière le profond discrédit dont souffre aujourd’hui la diplomatie haïtienne, particulièrement sous le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).

Rapportée par le Miami Herald, cette annonce intervient dans un contexte régional déjà défavorable à Haïti. Si les autorités de Basseterre évoquent des « considérations de sécurité » pour justifier l’exclusion des ressortissants haïtiens, cette décision est perçue par de nombreux observateurs comme un signal clair de méfiance envers l’État haïtien, incapable d’inspirer confiance à ses partenaires traditionnels de la Caraïbe.

Une diplomatie haïtienne marginalisée
Sous le CPT, la diplomatie haïtienne semble avoir perdu toute capacité d’influence. Jadis acteur central au sein de la CARICOM, Haïti se retrouve aujourd’hui traitée comme une exception problématique, y compris par des pays membres du même bloc régional. Le fait que cette exclusion vienne d’un pays dont le Premier ministre préside actuellement la CARICOM rend l’affront encore plus symbolique.
Aucune réaction officielle forte, aucune note diplomatique ferme, aucun effort visible de plaidoyer régional n’a accompagné cette décision. Ce silence renforce l’impression d’un État absent, passif et sans stratégie diplomatique claire, incapable de défendre la dignité de ses citoyens sur la scène internationale.

Une accumulation de revers
Cette nouvelle humiliation diplomatique s’ajoute à une série de décisions défavorables à Haïti, dont la récente suspension des vols vers Haïti par le Panama, qui a considérablement réduit les connexions aériennes du pays. À force de restrictions, de fermetures et d’exclusions, Haïti glisse vers un isolement diplomatique et logistique préoccupant, sans que le CPT ne propose une réponse cohérente ou concertée.
Ces revers traduisent une réalité inquiétante : la parole d’Haïti ne pèse plus. Les partenaires régionaux prennent désormais des décisions majeures affectant directement les Haïtiens sans consultation réelle, ni crainte de répercussions diplomatiques.

Le CPT face à ses responsabilités
Au-delà des arguments sécuritaires avancés par les pays voisins, la question centrale demeure : qu’a fait le CPT pour préserver le respect et la crédibilité d’Haïti ? La transition politique, censée restaurer l’autorité de l’État, semble au contraire avoir accentué son effacement sur la scène internationale.
L’exclusion des Haïtiens de ce mécanisme migratoire envoie un message dur mais clair : Haïti n’est plus perçue comme un partenaire fiable, et ses institutions ne sont plus jugées capables d’assumer leurs responsabilités, y compris à l’égard de leurs propres ressortissants.

Un avertissement sérieux
Ce nouvel épisode devrait servir d’alerte. Sans une diplomatie active, structurée et respectée, Haïti continuera d’être marginalisée, stigmatisée et exclue des décisions régionales majeures. La transition politique ne peut se limiter à la gestion interne du pouvoir ; elle doit aussi restaurer la voix et la dignité d’Haïti à l’international.

À défaut, les exclusions d’aujourd’hui risquent de devenir la norme de demain.

De la même catégorie