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Cuba plongée dans une crise énergétique sans précédent

Cuba est confrontée à une crise énergétique aiguë qui perturbe profondément le fonctionnement de l’île, affectant sa population, son économie et ses liens avec le reste du monde. En cause : l’interruption presque totale des livraisons de pétrole et de carburants essentiels, une situation attribuée à une pression accrue des États-Unis sur les flux pétroliers internationaux et à l’arrêt des approvisionnements depuis le Venezuela, principal fournisseur historique de La Havane.

L’aviation civile au point mort
À partir du 10 février 2026, les autorités cubaines ont officiellement annoncé la suspension de la fourniture de kérosène aux avions dans les principaux aéroports du pays, une mesure qui devrait durer au moins un mois. Cette décision a immédiatement désorganisé le trafic aérien international : plusieurs compagnies ont été contraintes de suspendre ou modifier leurs liaisons vers l’île, organiser des escales de ravitaillement en dehors du territoire cubain ou ajuster leurs horaires. Parmi elles, Air Canada a annulé ses vols vers Cuba et doit rapatrier environ 3 000 passagers, tandis que d’autres transporteurs envisagent de faire des arrêts techniques dans des pays voisins pour pouvoir continuer leurs rotations.

Une crise énergétique généralisée

Le manque de kérosène illustre une réalité plus vaste : Cuba fait face à un déficit énergétique généralisé qui touche tous les secteurs de la vie quotidienne. Les autorités ont introduit des mesures d’urgence pour tenter d’économiser le peu d’énergie disponible, notamment :
le rationnement du carburant pour les véhicules et les installations publiques,
la réduction des services de transport urbain et interprovincial,
l’instauration d’une semaine de travail abrégée dans certaines entreprises publiques,
et des coupures fréquentes d’électricité dans plusieurs provinces.

Ces mesures rappellent amplement la “période spéciale” des années 1990, lorsque Cuba avait dû affronter une crise énergétique comparable après la disparition de l’aide soviétique.

Tensions géopolitiques et réactions internationales
Le gouvernement cubain attribue cette crise à une pression politique et économique de Washington, dénonçant des actions qu’il qualifie de « chantage impérialiste ». Les autorités américaines, pour leur part, affirment que ces restrictions visent à exercer une pression politique sur le régime cubain et rejettent toute responsabilité directe dans les pénuries actuelles.

Certains pays ont manifesté leur soutien à Cuba dans ce contexte critique. La Chine s’est dite prête à apporter une assistance, soulignant son soutien à la souveraineté de l’île, tandis que la Russie a condamné les mesures américaines et affirmé qu’elle discutait de moyens d’aide énergétique.

Conséquences socio-économiques lourdes
Les répercussions de cette crise dépassent le transport aérien : le secteur touristique, déjà fragilisé par la pandémie et une baisse des visiteurs ces dernières années, risque de voir encore plus de pertes de revenus si les restrictions persistent.

Dans la vie quotidienne, les coupures d’électricité, la réduction des transports publics et les limitations de carburant font peser une pression accrue sur les familles cubaines, qui doivent adapter leurs routines face à des services essentiels de plus en plus instables.

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