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Crise politique : le PAREH rejette les manœuvres du CPT et propose une sortie institutionnelle après le 7 février

Delmas, 20 janvier 2026 —
Le Parti Récamper Haïti (PAREH) a rendu public un communiqué de positionnement politique dans lequel il exprime de vives préoccupations face à l’évolution du processus de transition en Haïti, à l’approche de l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026.

Le parti prend d’abord acte du retrait de Monseigneur Pierre-André Dumas du processus de médiation nationale, annoncé le 13 janvier dernier. Pour le PAREH, cette décision met en lumière l’épuisement politique et institutionnel du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), jugé incapable de projeter une gouvernance crédible au-delà de la date butoir constitutionnelle.
Dans son communiqué, le PAREH dénonce fermement ce qu’il qualifie de manœuvres malsaines orchestrées par le CPT dans le but de se maintenir au pouvoir après le 7 février. Le parti rejette notamment toute tentative visant à installer Leslie Voltaire comme président unique ou à réduire la composition du CPT à trois membres, estimant que ces options violent l’esprit et la légitimité du processus transitoire.

Par ailleurs, le PAREH note l’absence remarquée de plusieurs partis et regroupements politiques invités aux discussions avec les conseillers présidentiels lors de la rencontre du 18 janvier 2026. À l’inverse, il affirme s’inscrire dans une dynamique consensuelle, aux côtés de patriotes et de jeunes acteurs politiques porteurs de renouveau.
Le parti se montre également hostile à la “solution de la Cour de cassation”, qu’il juge dénaturée par les intérêts politiques. Bien que constitutionnelle en théorie, cette option aurait perdu, selon le PAREH, sa vertu première de neutralité et d’indépendance, en raison de l’implication d’acteurs politiques ayant, selon lui, contribué à la mauvaise gouvernance des vingt dernières années.

Dans un ton d’alerte, le PAREH met en garde la communauté nationale et internationale contre les risques liés à la cohabitation d’un exécutif bicéphale composé d’un président et d’un Premier ministre jugés inconstitutionnels et illégitimes. Une telle configuration, avertit le parti, ne ferait qu’aggraver les conflits de gouvernance et plonger le pays dans une nouvelle impasse politique.

Les propositions du PAREH
Face à cette situation, le Parti Récamper Haïti formule une série de recommandations qu’il qualifie de lucides, responsables et patriotiques, parmi lesquelles :

La mise en place d’un exécutif monocéphale, dirigé par un Premier ministre doté d’un mandat strictement limité à la stabilisation sécuritaire et à l’organisation des élections ;

La formation d’un gouvernement d’union nationale, composé de personnalités compétentes, crédibles et non engagées dans les prochaines compétitions électorales ;

L’abrogation de tous les décrets jugés anticonstitutionnels adoptés par le CPT, notamment ceux relatifs à la Haute Cour de Justice et à la diffamation ;
La réévaluation du processus électoral en cours afin de garantir des élections inclusives, libres, honnêtes et démocratiques ;

Le renforcement de la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, par la modernisation des institutions répressives et préventives ;

La création d’un organe de contrôle des actions gouvernementales, composé de représentants des dix départements et de secteurs clés tels que la jeunesse, les femmes, les personnes handicapées, la diaspora et l’université.

En somme, le PAREH réaffirme son engagement à défendre les masses populaires et les institutions républicaines. Il appelle les partis non signataires de l’accord du 3 avril ainsi que les organisations de la société civile à s’unir afin de mettre un terme définitif à la dérive transitionnelle et d’ouvrir une nouvelle séquence de légitimité démocratique en Haïti.

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