Par Katiana Cady
19 février 2026 — Sécurité / Diplomatie
Interpellé au Sénat sur la position de la France face à la dégradation sécuritaire en Haïti, le gouvernement français a clairement exclu toute participation militaire directe à la Force de Répression des Gangs (FRG), mission autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies en octobre 2025.
À l’origine de cette interpellation, la sénatrice Micheline Jacques, membre du parti Les Républicains et élue de Saint-Barthélemy, qui a plaidé pour un engagement plus visible de la France dans la lutte contre les groupes armés qui déstabilisent Haïti. Selon elle, une participation militaire française constituerait un signal politique fort, en cohérence avec le rôle diplomatique joué par Paris dans la mise en place du mécanisme international.
En réponse, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé que la France ne prévoit pas d’envoyer de troupes sur le sol haïtien. Paris opte plutôt pour un soutien diplomatique, logistique et financier à la mission internationale ainsi qu’aux autorités haïtiennes.
Le chef de la diplomatie française a détaillé l’effort financier consenti par son pays : 40 millions d’euros mobilisés en 2024 et à nouveau en 2025 pour Haïti. Sur ce montant, environ 16 à 17 millions sont consacrés à l’aide humanitaire, 17 millions au développement et 4 millions au secteur sécuritaire. Une contribution supplémentaire de 3,5 millions d’euros a également été annoncée au profit du fonds d’affectation spéciale destiné à la mission.
La Force de Répression des Gangs, soutenue par l’Organisation des Nations unies, prévoit le déploiement progressif d’environ 5 500 soldats issus de plusieurs pays entre avril et septembre 2026. Ces contingents doivent appuyer la Police Nationale d’Haïti ainsi que les Forces Armées d’Haïti dans la lutte contre les groupes armés.
Selon Jack Christofides, représentant spécial de la FRG pour Haïti, le déploiement complet de la mission est prévu pour octobre 2026, avec un financement garanti pour une période d’un an. Les premiers contingents sont attendus dès le mois d’avril.
En choisissant de ne pas s’engager militairement, la France semble privilégier une approche prudente, misant sur l’appui structurel et financier plutôt que sur une présence armée directe. Cette position reflète un équilibre diplomatique délicat : soutenir la stabilisation d’Haïti sans s’exposer à un engagement militaire potentiellement long et politiquement sensible.