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Crise en Haïti : L’ACH propose une nouvelle transition pour éviter le chaos après le 7 février 2026


Face à ce qu’elle qualifie d’échec du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), l’organisation « Alternative pour le Changement d’Haïti » (ACH) a dévoilé un plan de sortie de crise. Ce projet prévoit une nouvelle gouvernance de 12 mois visant à stabiliser le pays et à organiser des élections générales d’ici février 2027


​Delmas 33, le 10 décembre 2025 – Alors que le mandat du CPT arrive officiellement à terme le 7 février 2026, l’inquiétude grandit en Haïti. Dans un document stratégique rendu public, l’Alternative pour le Changement d’Haïti (ACH) dresse un constat sévère : la transition actuelle n’a pas réussi à rétablir la sécurité ni à organiser les scrutins prévus par l’accord du 3 avril 2024.

​Une nouvelle structure de gouvernance
​Pour pallier le risque de vide politique et de « chaos généralisé », l’ACH propose la mise en place, dès le 7 février 2026, d’un exécutif bicéphale de transition. Cette structure serait composée de :

  • ​Un Président consensuel issu du secteur politique, de la société civile ou de la Cour de cassation.
  • ​Monsieur Audain Fils BERNADEL comme Premier Ministre, chargé de diriger l’action gouvernementale, notamment sur les dossiers de sécurité et de préparation électorale.
  • ​Un gouvernement de consensus composé de personnalités compétentes et non partisanes.

  • ​Les cinq piliers de la transition
    ​La mission de cette nouvelle équipe, prévue pour une durée non renouvelable de 12 mois, s’articule autour de cinq axes fondamentaux :
  • ​Le rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire national.
  • ​La lutte contre la corruption.
  • ​La réhabilitation institutionnelle.
  • ​L’organisation d’élections inclusives, transparentes et crédibles.
  • ​Le transfert effectif du pouvoir le 7 février 2027.

Un calendrier électoral précis
​L’ACH a également détaillé une feuille de route chronologique pour l’année 2026 afin de garantir le retour à l’ordre constitutionnel :

  • ​Février à avril 2026 : Rétablissement de la paix et mise en place du cadre électoral.
  • ​Mai à septembre 2026 : Sensibilisation et mobilisation des électeurs.
  • ​Octobre 2026 : Premier tour des élections générales.
  • ​Décembre 2026 : Deuxième tour des élections générales.
  • ​7 février 2027 : Passation de pouvoir au Président élu.

Un appel à l’unité nationale
​Le document souligne que cette initiative est ouverte à la signature de toutes les forces vives de la nation : partis politiques, syndicats, secteur privé, diaspora et organisations religieuses.

Pour garantir le respect de ce calendrier, un comité de suivi indépendant, incluant des observateurs internationaux, devrait être instauré.
​En prônant une « solution haïtienne inclusive », l’ACH espère restaurer la confiance publique et offrir une issue ordonnée à une crise multidimensionnelle qui ne cesse de s’aggraver.

Une ambition à l’épreuve de la réalité
​Malgré la clarté de ce calendrier, le projet de l’ACH soulève des interrogations majeures quant à sa faisabilité technique et politique. Proposer le rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire en seulement trois mois — entre février et avril 2026 — paraît extrêmement optimiste dans un contexte de violence généralisée et de fragilité institutionnelle persistante.

​De plus, l’histoire récente des transitions en Haïti montre que le consensus est souvent une cible mouvante : l’Alternative pour le Changement d’Haïti parviendra-t-elle à obtenir l’adhésion réelle de la classe politique et de la société civile, là où le Conseil Présidentiel de Transition a échoué ?
​Alors que l’échéance du 7 février 2026 approche à grands pas, ce nouveau plan est-il l’ultime rempart contre l’effondrement ou n’est-il qu’un énième accord de papier face à une crise qui semble échapper à tout contrôle ?

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