Le Costa Rica a une nouvelle présidente. La candidate conservatrice Laura Fernandez a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour, avec plus de 49,6 % des suffrages, selon des résultats provisoires portant sur environ 88 % des bureaux de vote. À 39 ans, elle devient la deuxième femme élue à la tête du pays, seize ans après Laura Chinchilla Miranda.
Son principal adversaire, Alvaro Ramos, économiste de centre droit, crédité d’environ 33 % des voix, a reconnu sa défaite avant même la proclamation définitive des résultats, mettant ainsi fin à toute incertitude électorale. Cette avance significative permet à Laura Fernandez d’éviter un second tour.
Peu après la publication des premiers résultats, l’ancienne ministre s’est déclarée présidente élue lors d’un échange téléphonique avec le président sortant Rodrigo Chaves, conversation diffusée en direct à la télévision nationale. Elle a affirmé sa volonté d’agir rapidement, soulignant que la sécurité sera l’une des priorités majeures de son futur gouvernement.
La campagne électorale a en effet été largement dominée par les enjeux sécuritaires, dans un pays longtemps considéré comme l’un des plus stables d’Amérique centrale, mais aujourd’hui confronté à une hausse inquiétante des violences liées au narcotrafic. Laura Fernandez s’est présentée comme la candidate de la continuité politique, promettant un durcissement de la politique pénale.
Parmi ses principales propositions figurent la construction d’une prison de haute sécurité, inspirée du modèle salvadorien, ainsi qu’un renforcement de la présence de l’État dans les zones les plus touchées par la criminalité. Elle souhaite également s’appuyer sur une majorité parlementaire afin de mener des réformes du système judiciaire, jugé par le pouvoir sortant comme insuffisamment efficace face à l’expansion des réseaux criminels.
Avec cette victoire nette dès le premier tour, Laura Fernandez hérite désormais du défi de rétablir la sécurité, tout en préservant les acquis démocratiques et sociaux du Costa Rica, dans un contexte régional marqué par l’instabilité et la montée de la violence.