L’animateur et journaliste culturel haïtien Carel Pedre a comparu, ce lundi 22 décembre 2025, devant un juge du comté de Broward, en Floride, à la suite de son arrestation survenue le week-end dernier dans le cadre d’une affaire présumée de violence domestique.
À l’issue de cette comparution, le magistrat a fixé sa caution à 1 000 dollars américains.Cependant, malgré cette possibilité de libération sous caution, Carel Pedre demeure derrière les barreaux. Selon les informations publiées sur le site officiel du Broward Sheriff’s Office, dans la rubrique « Recherche d’arrestations / Détails sur les détenus », son dossier est actuellement placé sous le statut de « Retenue par les services d’immigration » (Immigration Hold).
Deux procédures distinctes en cours
Il est important de souligner qu’aucune condamnation n’a été prononcée à ce stade. L’enquête pénale est toujours en cours et Carel Pedre bénéficie, conformément à la loi américaine, de la présomption d’innocence. Parallèlement, les services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) ont formellement demandé à la police locale de retenir l’animateur de l’émission « De tout et de Rien », bien qu’aucune charge criminelle définitive n’ait encore été retenue contre lui.
Cette situation s’inscrit dans un contexte particulier : plusieurs villes de l’État de Floride ont signé, ces derniers mois, des accords de coopération avec les autorités fédérales en matière d’immigration. Ces protocoles permettent à l’ICE d’intervenir directement dans des dossiers impliquant des ressortissants étrangers, même lorsque les procédures pénales locales ne sont pas encore bouclées. Risque de transfert vers un centre de détention pour immigrantsEn conséquence, l’ICE peut procéder à tout moment à l’arrestation administrative de Carel Pedre et le transférer vers un centre de détention pour immigrants, indépendamment de l’évolution du dossier pénal.
Confirmant cette dualité judiciaire, Me Eddy Laguerre, avocat spécialisé en immigration, a précisé sur la page X du journaliste Luckson Saint-Vil :« Les deux dossiers sont traités simultanément.
Le dossier pénal et le dossier d’immigration seront examinés par des tribunaux différents. » Ce qu’il faut retenir :
•Aucune condamnation n’a encore été prononcée;
•Une caution a été fixée, mais l’ICE empêche toute libération immédiate; •Deux juridictions distinctes statueront sur son sort;
•Le risque migratoire demeure élevé, indépendamment du dossier pénal.
Si les faits reprochés venaient à être établis par la justice, les sanctions pourraient être lourdes, tant sur le plan pénal que migratoire. Mais en attendant les décisions des tribunaux compétents, cette affaire rappelle combien la frontière est mince entre accusation, procédure et culpabilité, surtout lorsqu’elle se joue sous le double prisme de la justice pénale et du droit de l’immigration.