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À l’approche de la fin de leur mandat, les membres du CPT incapables de s’entendre sur l’essentiel


À quelques jours de la fin officielle de son mandat, le Conseil présidentiel de transition (CPT) donne l’image d’un organe divisé, incapable de s’accorder sur des décisions fondamentales pour l’intérêt supérieur du pays. Alors que la population haïtienne s’enfonce dans une crise multidimensionnelle marquée par l’insécurité, l’effondrement économique et l’incertitude institutionnelle, les membres de la transition semblent davantage absorbés par des querelles internes que par la recherche de solutions durables.


Une transition qui s’achève dans la confusion
La récente controverse autour de la tentative de révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé illustre crûment cette incapacité à gouverner dans la cohésion. Cinq conseillers présidentiels ont signé une résolution en ce sens, pendant que d’autres s’y opposent fermement, créant un blocage institutionnel inédit au sommet de l’État.

Le refus de transmettre ladite résolution aux Presses nationales pour publication dans Le Moniteur n’est pas seulement un désaccord de procédure : il révèle une rupture profonde de confiance entre les membres du CPT. À ce stade avancé de la transition, une telle paralysie institutionnelle questionne la capacité du Conseil à mener à terme la mission qui lui avait été confiée.


L’intérêt national relégué au second plan
Au lieu de se concentrer sur les priorités urgentes — sécurité, continuité de l’État, préparation d’élections crédibles — le CPT s’enlise dans des luttes de positionnement. Le débat ne porte plus sur ce qui est bon pour le pays, mais sur qui contrôle les leviers du pouvoir jusqu’à la dernière minute du mandat.
Cette situation envoie un signal préoccupant : même dans un contexte exceptionnel, marqué par l’absence d’institutions élues et une crise sécuritaire aiguë, les dirigeants de la transition n’ont pas su dépasser leurs divergences pour offrir un minimum de stabilité politique.


Une fin de mandat sans cap clair
La transition était censée être un mécanisme temporaire, fondé sur le consensus et la responsabilité collective. Or, à l’approche de son terme, le CPT apparaît plus fragmenté que jamais, sans feuille de route commune ni vision partagée de la sortie de crise.
Cette absence de cohérence fragilise non seulement l’action gouvernementale, mais compromet aussi la crédibilité du processus de transition aux yeux de la population, déjà profondément méfiante à l’égard de la classe politique.


Le peuple face à un énième rendez-vous manqué
Pendant que les membres du CPT se livrent à un bras de fer interne, la réalité quotidienne des Haïtiens reste inchangée : territoires contrôlés par des groupes armés, écoles fermées, déplacements forcés, chômage massif. Le contraste est saisissant entre l’urgence sociale et l’incapacité des dirigeants à s’entendre, même à l’heure du bilan.


À quelques jours de la fin de leur mandat, le CPT laisse ainsi l’image d’une transition qui s’achève sans unité, sans consensus et sans réponse claire aux attentes du pays. Un échec collectif qui interroge non seulement la gouvernance actuelle, mais aussi la manière dont les futures transitions devraient être pensées pour éviter de reproduire les mêmes impasses.

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