À l’approche de l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026, le parti RECAMPER HAÏTI (PAREH) sort de sa réserve. Dans une note officielle, la structure politique dénonce l’échec du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et appelle à une passation de pouvoir immédiate pour éviter un effondrement total du pays.
Delmas, le 9 janvier 2026 – Le ton est à la fermeté. Pour le Parti RECAMPER HAÏTI (PAREH), le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) arrive à son terme « immanquablement et irrévocablement » le 7 février 2026. S’appuyant sur l’article 12.1 de l’accord du 3 avril 2024, le parti refuse tout glissement de calendrier ou manœuvre dilatoire.
Un réquisitoire sévère contre la gouvernance actuelle
Le PAREH dresse un bilan sombre de la gestion du CPT, affirmant que l’institution a échoué dans ses missions principales :
- Aggravation de l’insécurité : Aucun plan stratégique de lutte contre les gangs n’a été adopté.
- Dérive économique : Les dettes externes ont augmenté de manière déraisonnable alors que l’économie nationale s’effondre.
- Corruption institutionnalisée : Le parti dénonce des décrets visant spécifiquement à protéger les conseillers présidentiels contre des poursuites.
- Affaiblissement républicain : Les institutions sont jugées « sauvagement affaiblies » par l’incapacité du conseil à assurer leur fonctionnement régulier.
La proposition de sortie de crise
Pour pallier cette situation, le directoire du PAREH, mené par son président Roberson Octave, exige des mesures radicales et immédiates :
- Un dialogue national inclusif pour désigner un nouveau président et procéder à un remaniement ministériel intégrant la « classe politique émergente ».
- Un calendrier électoral contraignant, assorti de garanties de sécurité pour permettre à chaque citoyen d’exercer son droit de vote sur tout le territoire.
- Une mobilisation de la société civile pour assurer le suivi et le respect de cette nouvelle feuille de route.
Un pari risqué sur le vide politique ?
Si le diagnostic du PAREH sur la dégradation du pays est largement partagé, son exigence d’un départ sans condition du CPT au 7 février soulève des inquiétudes.
Un appel à la lucidité nationale
Pour le PAREH, l’heure n’est plus aux manœuvres dilatoires ni aux arrangements opaques. Le parti réaffirme son attachement indéfectible aux principes démocratiques et à la participation citoyenne comme seuls piliers capables de reconstruire l’avenir du pays.
En appelant les acteurs nationaux et internationaux à faire preuve de « courage politique » et de « responsabilité historique », le PAREH place désormais le CPT face à ses engagements initiaux. Le respect de l’échéance du 7 février 2026 est présenté non pas comme une option, mais comme l’unique voie pour éviter à
Haïti un nouveau cycle de crise institutionnelle aux conséquences humaines et sociales incalculables.
La nation saura-t-elle saisir cette opportunité pour engager cette « dernière phase » de transition vers la stabilité et le suffrage universel ?